La Direction Générale du Travail (DGT) lance en 2026 une campagne nationale de contrôles de l’Inspection du travail portant sur le recours abusif aux travailleurs indépendants, également appelé « salariat déguisé » .

🔎 De quoi parle-t-on ?

Le recours abusif au statut de travailleur indépendant correspond aux situations dans lesquelles une entreprise fait appel à un indépendant alors que la relation de travail relève en réalité d’un contrat de travail salarié.

Dans ces cas, le « faux indépendant » exerce son activité dans des conditions similaires à celles d’un salarié, sans bénéficier du statut ni des droits associés (SMIC, congés payés, assurance chômage, indemnités de licenciement…) .

📅 Une campagne structurée en trois phases

Cette campagne nationale, pilotée par la DGT et déployée localement par les services de contrôle, se déroulera en plusieurs étapes :

  1. Information et sensibilisation des entreprises et des travailleurs ;
  2. Phase de contrôle ciblée ;
  3. Bilan et évaluation des résultats obtenus.

La période de contrôle est prévue de mars à août 2026 .

Les secteurs particulièrement ciblés sont :

  • l’événementiel,
  • le commerce (grande distribution et commerce de détail),
  • l’hôtellerie-café-restauration.

D’autres secteurs pourront également être concernés selon les spécificités régionales .

⚖️ Comment le salariat déguisé est-il identifié ?

Les situations sont examinées au cas par cas à partir d’un faisceau d’indices , parmi lesquels :

  • existence d’un lien de subordination ;
  • exercice dans un service organisé ;
  • utilisation de matériel imposé ;
  • client unique ;
  • impossibilité de sous-traiter ;
  • fixation du prix par le donneur d’ordre ;
  • facturation à l’heure ;
  • pouvoir de sanction exercé par le donneur d’ordre, etc.

❗ Quelles conséquences en cas de requalification ?

La requalification d’un contrat de prestation en contrat de travail peut entraîner des conséquences particulièrement lourdes :

Pour l’entreprise :

  • Rappel rétroactif des salaires et cotisations sociales (avec majorations) ;
  • Indemnité forfaitaire pouvant atteindre six mois de salaire en cas de rupture ;
  • Sanctions pénales pour travail dissimulé (jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour les personnes physiques) ;
  • Peines complémentaires (exclusion des marchés publics, confiscations, affichage) ;
  • Sanctions administratives (fermeture temporaire, refus d’aides publiques).

Pour le travailleur :

  • Acquisition du statut de salarié et des droits afférents ;
  • Possibilité de saisir le conseil de prud’hommes ;
  • Constitution de partie civile en cas de procédure pénale.

🎯 L’objectif : prévenir et accompagner

Au-delà du contrôle, cette campagne vise à faire évoluer les pratiques, prévenir les situations de travail illégal et rappeler les outils existants pour faciliter le recours sécurisé à l’emploi salarié .

📌 La CNAMS CORSE appelle ses adhérents à la vigilance

Dans ce contexte, la CNAMS CORSE invite ses entreprises adhérentes à :

  • Vérifier la conformité de leurs relations contractuelles ;
  • Sécuriser leurs pratiques en matière de sous-traitance et de recours aux indépendants ;
  • Se rapprocher de leur organisation professionnelle en cas de doute.

La CNAMS CORSE reste mobilisée pour accompagner les artisans et entreprises de proximité dans la sécurisation de leurs pratiques sociales.

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